CUEILLEUR D’ALGUES GASPÉSIENNES

Chaque semaine, Antoine Nicolas défie vents et marées en plongeant pour ramasser les algues qui poussent près des côtes de la baie de Gaspé. Quelques jours plus tard, elles se retrouvent dans les assiettes des plus grands restaurants de Québec et Montréal. Ce Français de 29 ans se destinait à une carrière en aquaculture. À son arrivée à Grande-Rivière en 2011, il a réalisé que la région regorgeait d’une ressource intéressante et sous-exploitée: les algues.

Il a alors changé son plan de carrière pour lancer une entreprise spécialisée dans la cueillette et la distribution d’algues fraîches. «On a de belles ressources en Gaspésie, et il y a beaucoup de restaurateurs qui s’y intéressent», explique-t-il.

Biologiste de formation, il possède une maîtrise en sciences et technologies des aliments spécialisée dans la qualité, l’aquaculture et les produits de la mer, en plus d’être membre de l’ordre des agronomes du Québec.

Son rêve de mettre sur pied sa propre entreprise est né lors de sa rencontre avec Sylvain Huchette, fondateur de France Haliotis et éleveur d’ormeaux (coquillages délicieux). Il est le premier producteur au Québec certifié Fourchette bleue, qui prône une saine gestion des ressources marines.

C’est là que s’est opéré le déclic, et que le rêve d’entreprise est né dans sa tête. « Si on veut que notre vie ait un sens, il faut donner à ses rêves de l’importance! », lance l’entrepreneur.

On ne peut pas couper la branche sur laquelle on est assis parce que, demain, il n’y aura plus de ressources. Il faut savoir gérer la ressource pour garantir sa pérennité. D’un point de vue écologique et économique, c’est ça la logique.

UN TRAVAIL EXIGEANT

Antoine plonge jusqu’à 25 mètres et peut rester plus de cinq minutes en apnée sous l’eau pour cueillir les algues.

«Il y a des espèces qui sont vraiment difficiles à récolter, comme la laitue de mer et la nori. Ça peut prendre entre une heure et deux heures pour récolter un kilo de ces algues-là, explique-t-il, alors que pour d’autres espèces, j’arrive à atteindre un rendement de 100 kilos par heure».

En fonction de son carnet de commandes, ces expéditions sous-marines peuvent durer d’une à plusieurs heures. À chaque plongée, Antoine traîne derrière lui sa «brouette» flottante, une espèce de planche pneumatique où il entasse sa récolte.

S’il aime faire ce travail pour le moins atypique, le plongeur concède qu’il est parfois difficile, particulièrement en hiver.

«Plonger avant que le soleil se lève dans une eau à -2 °C avec une température de -15 °C, c’est vrai que c’est pas mal intense. C’est moins motivant dans ces conditions, mais le froid n’est pas un problème lorsqu’on est bien équipé», dit-il, précisant que la période de récolte s’étale sur l’année, car Antoine plonge même en hiver entre les tempêtes et les bordées de neige.

ON PARLE DE NOUS…

LES EMPLOYÉS

Henri Lecrosnier et Florestan Baugier sont les deux plongeurs en apnée qui me suivent depuis maintenant trois ans. Ils possèdent une connaissance approfondie des différentes espèces d’algues. Ce sont deux étudiants qui demeurent à temps plein à Gaspé depuis trois ans. L’un d’entre eux est résident de Cap-aux-Os depuis le début de l’été. Ils viennent de terminer leur DEC. Henri a obtenu la médaille d’or de l’Institut forestier canadien. Au sein de l’entreprise, il est responsable de la gestion de la ressource. Ils font partie des étudiants internationaux qui aident à maintenir en place une institution primordiale dans notre région, le cégep de la Gaspésie et des Îles

Le volet Récolte et transformation pourrait encore créer un ou deux emplois saisonniers (en plus des 3 existants), et le volet Poissonnerie pourrait en créer deux ou trois selon l’achalandage et les préparations de boîte à lunch.

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